Elle avait raison

Il est 22h47.

Aujourd’hui j’ai passé la journée dans mon lit à me moucher et à essayer de dormir en vain. J’ai donc fais du ménage (un gros ménage) et j’ai réussis à réunir assez de force pour aller faire une lessive à la laverie de mon quartier. Je suis passée pour une grosse quiche en changeant de machine à laver deux fois parce que la première était en fait un sèche linge (bien joué) et la deuxième coûtait 4€, je n’en avais que 3. Assise sur une chaise à regarder mes culottes et mes chemises s’entre mêler dans la machine infernale, j’ai réalisé qu’il était triste et gris de terminer sa journée sur une visite à la laverie. Je n’avais pas envie de rentrer chez moi et de traîner sur internet jusqu’à 2h du matin, j’avais envie de vivre quelque chose et j’ai pensé au théâtre. Ils jouaient « la grenouille avait raison » aux Célestins alors je suis sortie de la laverie, je suis allée me chercher des falafels à ma nouvelle cantine du vendredi (yaafa si vous connaissez) et je suis rentrée en vitesse pour balancer mon linge dans le salon et me changer vite fait (se ramener au théâtre en jog c’est moyen) et j’ai couru jusqu’à la place des célestins. En chemin je me suis rendue compte que je ne savais pas où c’était alors j’ai googlemapé mais cette me*** de fonctionnait pas donc j’ai couru dans le quartier comme une possédée en cherchant désespérément la dite place. Et enfin, tel Electre retrouvant Oreste, j’ai trouvé le théâtre des Célestins. Il était 19h59, la pièce commençait à 20h. Je n’avais pas réservé ni rien mais je me suis tout de même présentée à la billetterie et Ô joie il leur restait des places (attention accroche toi) à 5€, le graal. J’étais mal placé mais je m’en fous, pour du théâtre je peux être placée en dessous de la scène ça m’est bien égale pourvu qu’il n’y ait pas un pélos qui bouge la tête devant moi toutes les 5 minutes (ça n’est pas arrivé).

Pendant 1h30 t’es plongée dans un truc juste contemplatif un peu comme si tu rêvais et que tu perdais absolument toute notion du temps et de la réalité. Ça n’avait pas vraiment de sens, enfin pour ma part je n’ai pas essayé de comprendre une morale ou une conclusion finale mais en fait c’est surtout un gros de travail de mise en scène et corporel, il n’y avait aucun dialogue et c’est juste par le corps et parfois des mots incompréhensibles que les comédiens ont réussi à faire passer un tas d’émotions différentes. Ils avaient quelque chose de surnaturel, comme si ils étaient prisonniers psychiquement mais à la fois complètement libérés dans leur geste. Ils agissaient presque instinctivement sans raison particulière, avec passion et fougue.

J’ai du mal à expliquer au gens pourquoi je fais du théâtre et cette pièce m’a fait prendre conscience d’une chose: On ne doit pas forcément chercher un sens à tout, parfois il suffit juste d’agir même si ce n’était pas prévu même si ce n’est pas dans les normes. Je fais du théâtre pour exprimer ce qui se cache au fond de moi sans que le public ne le perçoive complètement, pour représenter les mystères du monde et ainsi contribuer à la compréhension mais aussi à l’incompréhension de celui ci. Prendre conscience et faire prendre conscience, être une créature venue d’autre part qui est là pour vous offrir un moment de calme, pour vous aider à respirer un peu dans cet univers qui devient de plus en plus étouffant. Ce qui se passe sur une scène de théâtre a quelque chose de mystique, d’absurde et d’éphémère, trois choses qu’on ne trouvera lié qu’en ce lieu de création et de rêveries: c’est ce qui en fait toute sa beauté.

Quand le spectacle s’est finit, il y a eu les applaudissements: moment intense. Une centaine de personnes réunies, qui ne se connaissent pas mais qui ne forme qu’un pour acclamer la beauté, le travail, la passion, la culture, la liberté.

J’en suis restée scotchée pendant quelques minutes, j’ai pris tout mon temps pour sortir et pour déambuler un peu dans cet espace de paix torturée. J’ai observé la scène avec les restes de décors, encore là pour prouver que le spectacle vit toujours.

Pourquoi une grenouille? Mais pourquoi pas?

Il est 23h19. Je ne sais plus quoi dire, peut être que les mots vont venir à nouveau dans quelques minutes même si je pense en avoir déjà dit beaucoup. Ce matin j’avais envie d’écrire un article mais je ne savais pas sur quoi, et puis là je suis rentrée chez moi après m’être un peu perdue dans les rues illuminées de Lyon et pouf les mots sont venues sur le bout de mes doigts (normalement c’est le bout des lèvres mais vu que je tape sur mon ordi on va plutôt parler du bout des doigts). C’est ce qu’on appelle l’inspiration, qui donne des articles spontanés pas forcément bons mais ils viennent du coeur donc c’est déjà ça. Je vais publier l’article ce soir et j’y reviendrai demain pour ajouter une photo.

Pour terminer je vais te dire une chose qui n’a pas vraiment de sens et qui ne te paraîtra pas très originale si tu as lu l’article en entier mais j’ai envie de terminer par cette phrase qui me semble en accord avec cet article (et puis j’ai la flemme de trouver une chute) alors voilà: La grenouille avait raison.

 

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